APRES 154 ANS DE PRÉSENCE, LA MISSION DES PASSIONISTES SE TERMINE SUR LE DIOCESE DE BORDEAUX
Les passionistes sont arrivés dans le diocèse de Bordeaux en 1853, il y a 154 ans. Mgr Donnet est alors archevêque de Bordeaux. Il se rend cette année-là à Rome pour recevoir le chapeau de cardinal. Nous sommes en Juin. Dans la basilique des SS. Jean et Paul se déroule le triddum solennel pour la béatification de Paul de la Croix ( 1694-1775), le Fondateur des passionistes : grand missionnaire dans les maremmes de l’Italie centrale du siècles des Lumières, proclamant haut et fort la Parole de la Croix.
Le cardinal adresse au Père Général, Antoine Testa, une demande de religieux pour son diocèse ; il offre même une maison. N’ayant point de religieux sachant suffisamment le français, le P. Général décline l’offre mais le Cardinal met au courant Pie IX ; celui-ci manifeste sa volonté qui est un ordre pour le P. Antoine. Deux italiens d’Ere (Belgique) partent vers Bordeaux, tandis que peu après deux autres arrivent d’Italie. La maison offerte par le Cardinal, située très loin de la ville, à saint Delphin, ne peut être que provisoire ; elle sert tout de même durant deux ans. Après un temps d’acclimatation et déjà d’engagement missionnaire assez intense, on achète, route d’Espagne, la propriété de Tilloly par acte signé le 26 février 1855.
La communauté s’y installe aussitôt et l’on ouvre un noviciat qui reçoit quelques français. En 1859 cette communauté compte 10 religieux : 8 pères dont 6 italiens, 1 français, 1 néerlandais et 2 frères qui sont français.
La guerre de 1870 amène quelques troubles : la maison est réquisitionnée pour l’accueil et le soin des blessés. En 1897 le juvénat ouvert à Latané (Tonneins) dès 1895 est transféré à Mérignac en 1897. Cette maison de Mérignac (les Eyquems) jouera dans la province passioniste de France un rôle important durant 70 ans ; elle n’est d’abord qu’un refuge, offert par le conseiller à la Cour de Bordeaux, Armand de Pichard de la Tour, quand les religieux sont chassés de leur maison communautaire, route d’Espagne, à Bordeaux en 1880. Par la suite, cet homme éminent, devenu veuf, prend la décision d’entrer dans la Congrégation de la Passion, où il commence son noviciat à Deusto (Espagne) le 8 mais 1881. Cette maison et cette propriété lui servaient de “maison de campagne”, comme on disait alors, pour lui et sa famille.
Lorsque, en 1903, la “loi Waldeck Rousseau” oblige les religieux à quitter le pays, le P. Jean-Charles (De Pichard) , alors consulteur général, entraîne un groupe d’entre eux vers la Palestine, pour s’installer à Béthanie. A Mérignac quelques passionistes peuvent continuer à demeurer comme gardiens des bâtiments, camouflant avec soin leur identité. D’autres les rejoignent en 1915 quittant Béthanie, les Turcs s’étant rangé de côté de l’Allemagne.
Aussitôt après la première guerre mondiale, en 1919, le juvénat est réorganisé à Mérignac et la vie reprend normalement. Les années entre les deux guerres sont un temps d’intense activité : les passionistes prêchent missions, retraites et journées de récollection dans le diocèse et au-delà, ils assurent divers ministères en des institutions de religieuses.
1939. A nouveau la guerre ! Le juvénat de Mérignac, qu’on avait essayé de maintenir, est fermé dès 1942, à cause de la très grande pénurie de vivres, de la proximité d’un camp d’aviation, maintes fois bombardé, et aussi en raison de la difficulté croissante de trouver des enfants susceptibles d’y être formés. Mais la communauté continue son travail missionnaire : pendant la guerre, un passioniste, le P.Sébastien, est aumônier de la prison du fort du Hâ.
Mérignac ne remplissant plus les conditions d’une utilisation fonctionnelle, un rescrit du 5janvier 1963 en décide la suppression canonique ; les Frères de saint Gabriel en sont les acquéreurs.
L’archevêque de Bordeaux, le cardinal Richaud, offre alors aux Passionistes la charge de la paroisse de Sainte Croix, dans la ville de Bordeaux. La convention est signée par lui et le provincial, le P. Charles (Bovée) le 24 mais 1963, la communauté étant logée dans le presbytère de la cette paroisse. Ils assurent aussi d’autres ministères : aumônerie de prison, gens du voyage...
Dès la fin de l’année 1971, un changement intervenant dans les dispositions du service paroissial dans la ville Bordeaux, amène la suppression de la paroisse Sainte-Croix, desservie par nos Pères et rattachée désormais à celle de Saint-Michel. L’Archevêque de Bordeaux, Mgr Maziers, offre aux religieux qui se trouvent ainsi déchargés, la desserte d’un secteur rural, à Créon et Targon, avec les petites paroisses environnantes. Toutefois, le presbytère de Sainte-Croix reste - au moins provisoirement - à la disposition de la communauté.
En 1990, le cardinal Eyt propose aux passionistes la charge du sanctuaire de N-D de Verdelais, pour y succéder aux P.Maristes. Ils administrent en même temps le secteur des paroisses environnantes. Ce lieu organisé pour l’accueil, permet à la communauté passioniste d’accueillir et d’animer des groupes diocésains ou autres pour des récollections, des retraites. Leur communauté devient aussi lieu de formation pour leurs postulants.
Actuellement la communauté se compose de trois prêtres résidents, et d’un prêtre séculier retraité. De plus, le P. Jean-Pierre Barais est à la maison Saint Paul ; deux autres passionistes, les P. Jean-Claude Delion et Philippe Plet, rejoignent Verdelais chacun une fois par mois pour aider à l’animation du sanctuaire.
Le P. Christian Naillou, supérieur de la communauté et recteur du sanctuaire, est aussi responsable du secteur de Sauveterre de Guyenne. Le P. Patrick Vialle partage avec lui le travail pastoral, il assure aussi le service de l’hôtellerie et celui de l’accueil au sanctuaire. Le P. Guy Tellier est coopérateur sur le secteur de Langon ; il participe également à l’animation de l’aumônerie des Gens du voyage et à celle de la prison de Gradignan.
Comme on le sait, après 17 ans de présence, la communauté quitte son service pastoral à Verdelais et le diocèse. Elle continuera sa mission à la disposition de sa Congrégation.
Tous les amis des Pères, qui ont travaillé avec eux ou ont été en lien avec eux à travers les divers ministères qui leur ont été confiés dans le diocèse de Bordeaux, auront à cœur de les accompagner de leur prière.
Une messe d’action de grâce sera célébrée au sanctuaire de Verdelais par notre évêque, le samedi 17 juin 2007 à 15h.
La cérémonie sera suivie d’un moment de rencontre conviviale en guise d’au revoir et du verre de l’amitié. Vous y êtes tous cordialement invités.